Astrolab a écrit :Inimitables, ce son, ce grain, cette chaleur.
Le mien me manque, mais il est en de bonnes mains ;)
Ben voilà...comme vous l'aurez constaté sur le post des photos de vos home-studios, il y a un Roland Jupiter 4 dans mon set-up.
Et si je ne me trompe pas, c'est le tien qui est chez moi. Bref, il aura fait un petit déplacement entre 3 cantons limitrophes...entre temps, il a été midifié avec le kit Io, et depuis samedi passé, il a pris place dans mon home-studio.
J'ai déjà eu un Jupiter 6 il y a quelques années. Je l'aimais surtout pour ses possibilités au niveau programmation, le fait de pouvoir empiler les formes d'ondes, le midi, l'esthétique et la fiabilité du Jupiter 6 qui en font une machine redoutable. Mais il y a le son...là, j'avais plus de peine. J'ai toujours trouvé dommage qu'il ne soit pas stéréo, et que les CEM utilisés dans le Jupiter 6 résultaient en un son relativement "medium" avec un filtre qui arrache, plutôt dans l'agressif et le métallique que dans la douceur et la largeur.
Puis il y a bientôt 8 ans, j'ai trouvé un Roland Juno 60 pour 350 Euros. Et celui-là m'a réconcilié avec le son Roland. Ok c'est du DCO, au niveau des possibilités ça ne va pas autant loin qu'un Jupiter 6, il manque le midi, mais ils sonne plus fat que ce dernier. Logiquement, le fameux chorus n'y est pas étranger. Mais la preuve que je l'aime toujours autant, je l'ai toujours, je le connais par coeur, et je le prends presque toujours lors de Jam Session, il m'a accompagné durant 3 ans en tournée avec un groupe de funk, acid-jazz. Increvable, solide et fiable.
J'ai également eu durant 2 ans un Roland RS-505 paraphonic. Du Roland 70's ultra solide et lourd, avec un son magnifique...Et comme j'ai également un Roland SH-2 que j'aime beaucoup, j'étais en recherche d'un Jupiter 4 compuphonic, un instrument qui lierait un peu le côté "bois/métal" 70's du RS-505, et qui sonnerait un peu comme un SH-09 polyphonique.
Autant dire tout de suite que j'ai également fait une petit comparaison avec le Juno 60, vu qu'ils partagent, si je ne me trompe pas, le même design au niveau du VCF (celui à base d'IR3109), mon Jupiter 4 ayant un numéro de série commençant par 99.... très certainement pas un des premiers modèles équipé du VCF BA662.
Verdict de la petite comparaison avec le Juno 60, oui...le grain est semblable. Il y a clairement une affiliation des deux machines auprès du même fabricant ! En choisissant une onde en forme de dent de scie, une attaque bien douce, beaucoup de release, le decay et sustain pratiquement au max afin d'atteindre une belle nappe, en règlement le VCF pratiquement de la même manière, un LFO léger avec un petit delay appliqué au seul oscillateur, pas de sub-oscillateur, le gain du VCA au même niveau, et on plaque les même accords à 4 notes. Le tout d'abord sans "chorus (Juno60)/ensemble (Jupiter 4).
Dans le milieu du spectre, ces deux synthés sont relativement proches. Le Jupiter 4 a un peu plus présence et de drift au niveau des oscillateurs, mais ce n'est pas flagrant, les deux machines faisant pratiquement jeu égal.
En y mettant le chorus, le Juno 60 devient tout de suite très large, très "stéréo", répartissant le son de manière très vaste dans l'espace sonore. Le bouton "Ensemble" du Jupiter 4 fait nettement moins d'effet, il est moins intense au niveau de l'amplitude. Il est discret, efficace, sans prendre autant de place que celui du Juno 60. Le chorus du Juno 60, même en position 1 tourne tout de suite beaucoup, alors que sur celui du Jupiter 4, on a l'impression que c'est comme le démarrage d'une Leslie, tout en douceur et discrétion.
Deuxième essai dans le bas du spectre, le registre basse. Tout d'abord sans chorus/ensemble.
Dans ce domaine là, le Juno 60 paraît très très maigre...avec son seul DCO, sans le chorus, et malgré des enveloppes très rapides, il n'y a pas grand chose à croquer. En appuyant sur le do tout en bas sur le Jupiter 4, c'est un véritable mur sonore qui sort du seul VCO (en mode polyphonique...). La présence est extraordinaire, pleine, un OB-X ne fait pas mieux dans ce domaine !
En engageant le chorus sur le Juno 60, cela améliore un peu la situation, mais même ainsi, on atteint pas la même présence sonore, le "WOOOF" du Jupiter 4 sans "ensemble".
Il y a donc clairement une différence au niveau de ces deux machines...le VCO du Jupiter est gras à souhait, drift comme il faut, permettant un chorus quasi-naturel sans avoir recours au chorus intégré.
Inutile de dire que le mode Unison du Jupiter 4 est dévastateur...que les enveloppes encore plus rapides que le Juno 60, vont lui permettre de créer des basses de malade.
La seule critique que j'ai, c'est sa polyphonie de "seulement" 4 voix...mais sinon, c'est que du plaisir
